XIII è PENTEC

XIIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE

 

Le texte de l’introït de ce XIIIe dimanche après la Pentecôte est emprunté aux derniers versets du psaume 73 qui est tout entier une prière à Dieu au temps d’une grande calamité nationale : la ruine du Temple par les Chaldéens.

Le peuple est malheureux face à cette profanation – tant de fois répétée au cours des âges par les ennemis de Dieu ! – et une prière intense s’élève vers Celui qui seul peut nous délivrer.

Réspice, Dómine, in testaméntum tuum, et ánimas páuperum tuórum ne derelínquas in finem

Souvenez-vous, Seigneur, de votre alliance et n’abandonnez pas à jamais les âmes de vos pauvres.

Exsúrge Dómine, et júdica causam tuam et ne obliviscáris voces quæréntium te.

Levez-vous, Seigneur, faites justice à votre cause et n’oubliez pas la voix de ceux qui vous cherchent.

La mélodie divise cet introït en deux parties qui commencent chacune par un grand élan suppliant vers l’aigu ; le deuxième sur les mots Exsúrge Dómine est un véritable cri, mais à chaque fois la mélodie s’apaise aussitôt et se tient presque immobile et horizontale, comme si l’âme après avoir lancé son appel se tenait humblement prosternée.

Le verset qui accompagne cet introït est le début du psaume 73 :

Ut quid Deus repulísti in finem : irátus est furor tuus super oves páscuæ tuæ ?

Pourquoi, mon Dieu, nous repousser à jamais et faire éclater votre colère sur les brebis de votre pâturage ?

L’abbé Portier qui avait longuement commenté cette pièce dans un numéro d’Una Voce achevait ainsi : « Cet introït nous apprend ou nous redit que nous devons avoir une extrême confiance en Dieu. Sollicitons d’urgence sa miséricorde et continuons dans notre prière privée ce que la liturgie nous apprend. Nous faisons tous partie de ces « âmes pauvres » qui ont besoin de sa divine grâce. Nous n’avons qu’à nous remettre en tout dans ses mains.

Alors la prière ardente traduite dès le début de cet introït sera exaucée et ce sera joie pour tous, Dieu et nous, la miséricorde ayant effacé nos malheurs ».

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Le graduel reprend les paroles de l’introït Réspice Dómine…

Souvenez-vous Seigneur, de votre alliance, et n’abandonnez pas à jamais les âmes de vos pauvres. Levez-vous, Seigneur, faites justice à votre cause.

Seule la dernière phrase a été chantée et nous avons maintenant :

Memor esto appróbrii servórum tuórum.

Souvenez-vous de l’humiliation de vos serviteurs.

On voit que le sens général reste le même. Nous rappelons au Seigneur que la cause de l’Église pour laquelle nous le supplions, c’est la sienne. La mélodie reprend des formules habituelles des graduels.

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Le texte de l’alléluia de ce XIIIe dimanche après la Pentecôte est issu du 1er verset du psaume 89.

C’est Moïse qui aurait composé ce psaume à l’occasion de l’arrêt de mort porté, en punition de leurs révoltes, contre les Israélites âgés de plus de 20 ans.

Dómine, refúgium factus es nobis a generatióne et progénie.

Seigneur, vous avez été pour nous un refuge de génération en génération…

…traduit aussi par « d’âge en âge », c’est-à-dire depuis le temps des patriarches qui n’avaient pas ici-bàs de demeure permanente jusqu’à celui de Moïse où les Israélites errèrent 40 ans dans le désert.

C’est un chant d’action de grâces pour la protection que Dieu nous accorde tout au long de notre vie sur la terre, l’ensemble du psaume étant une grande méditation sur le temps et sur l’éternité. La mélodie ressemble assez à celles des dixième et onzième dimanches. Tous ces alléluias ont un air de parenté, avec de grandes vocalises joyeuses et enthousiastes, exprimant bien les sentiments de louange et d’action de grâces du texte.

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Le psaume 30, souvent utilisé dans la liturgie, fournit le texte de l’offertoire qui va suivre :

In te sperávi, Dómine, dixi : tu es Deus meus, in mánibus tuis témpora mea.

En vous, Seigneur, j’ai mis mon espérance, j’ai dit : vous êtes mon Dieu, ma destinée est entre vos mains.

Dans le psaume, ces deux versets s’achèvent par éripe me = délivrez-moi, omis dans le texte qui n’exprime donc que la confiance de l’âme dans un acte total d’abandon à Dieu.

La mélodie exprime plus la paix que la joie. Elle est calme et confiante.

C’est l’offertoire de la messe de mariage en raison de cette atmosphère d’abandon entre les mains de Dieu alors que commence la destinée du couple.

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Voici maintenant l’antienne de communion sur des paroles du Livre de la Sagesse, dans un chapitre consacré à méditer sur le grand épisode de l’histoire du peuple élu, la sortie d’Égypte et l’entrée dans la terre promise, en insistant sur les châtiments réservés aux impies et les bienfaits réservés aux fidèles. Parmi ces derniers, figure la manne que le Seigneur a envoyée du ciel pour nourrir son peuple. C’est elle qui est chantée dans ce verset.

Panem de cælo dedísti nobis, Dómine habéntem omne delectaméntum, et omnem sapórem suavitátis.

Seigneur, vous nous avez donné le pain du ciel, qui possède tout ce qu’il y a de délectable et la plus douce saveur.

Ce verset est utilisé au salut du Saint Sacrement après le chant du Tantum ergo. Il n’est pas besoin de dire que ce pain du ciel est la figure de l’Eucharistie, et que ce chant est particulièrement bien placé au moment de la communion. La mélodie exprime notre reconnaissance pour le grand bienfait de cette nourriture spirituelle par un grand élan joyeux et affirmatif, et elle se termine en exprimant la douce saveur de cette nourriture par une belle courbe souple et élégante.

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