I er CAREME

Ier DIMANCHE DE CARÊME

 

Nous sommes entrés depuis le 18  février dernier (mercredi des Cendres), dans le temps du Carême pendant lequel l’Église, par sa liturgie, nous engage à la pénitence.

Les ornements sont violets. Il n’y a ni Alléluia, ni Gloria, ni Te Deum….. On ne doit pas orner de fleurs les autels. La solennité des noces est interdite.

 

Introït : Invocábit me…

En ce premier dimanche du Carême, toute la liturgie nous rappelle que ce Carême est un combat que nous allons avoir à mener pendant ces quarante jours pour parvenir à la victoire finale de Pâques. Dans ce combat nous avons des adversaires qui sont les mauvais anges ou démons, et des alliés qui sont les bons anges, nos anges gardiens. Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous voyons Notre Seigneur s’enfoncer dans le désert pendant quarante jours pour lutter contre Satan, chef des démons et nous voyons les anges s’approcher de Lui pour le servir.

Les chants du propre de la messe de ce Dimanche présentent une particularité unique dans la liturgie, c’est qu’ils sont tous tirés du même psaume, le psaume 90 Qui hábitat in adjutório Altíssimi ; il chante la protection que le Seigneur nous accorde dans notre combat, et la certitude de la victoire grâce à cette protection si nous sommes fidèles. Les anges gardiens que le Seigneur nous envoie pour nous aider y sont explicitement mentionnés, nous le verrons au Graduel.

Le chant de l’Introït est emprunté aux derniers versets du psaume, dans lesquels Dieu lui-même prend la parole pour promettre la victoire, qu’il accordera à ceux qui se confient en lui, et la vie éternelle. Il est assez rare dans les Introïts que ce soit Dieu qui parle. Cela ne se produit que deux ou trois fois dans l’année.

Invocábit me, et ego exáudiam eum : erípiam eum, et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum.

Il m’invoquera et je l’exaucerai, je le délivrerai et je le glorifierai, je le comblerai d’une longue suite de jours.

On remarquera l’insistance sur le mot eum, qui revient après chaque verbe, ce qui montre bien l’attention que le Seigneur porte à chacun de nous. Comme il convient pour la parole de Dieu, la mélodie de cet Introït est très affirmative et pleine d’une calme assurance. Il est accompagné, bien entendu, par le premier verset du psaume 90 que nous retrouverons tout à l’heure au Trait :

Qui habitat in adjutorio Altíssimi, in protectione Dei cæli commorabitur.

Celui qui demeure avec le secours du Très-Haut restera sous la protection du Dieu du ciel.

Lisons un très beau commentaire de l’abbé Portier dans la revue Una Voce au sujet de ce chant d’entrée :

« Commencez votre carême avec ardeur, continuez-le dans la faveur, et si vous êtes inquiets, moroses, chantez de nouveau cet introït ; il vous mettre dans la joie profonde et vous acheminera sûrement à celle de Pâques, à cette glorification qui commence pour ne plus jamais cesser ».

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Graduel : Àngelis suis….

Le texte du Graduel du premier dimanche de carême est tiré du psaume 90. Comme tous les autres chants de cette messe, et nous allons y trouver les versets de ce psaume qui parlent explicitement des anges Gardiens.

Àngelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis.

Dieu a donné ordre à ses anges de te garder dans toutes tes voies.

Et le verset :

In mánibus portábunt te, ne únquam offéndas ad lápidem pedem tuum.

Ils te porteront dans leurs mains afin que ton pied ne heurte pas la pierre.

Bien entendu il faut entendre ce texte au sens spirituel ; les pierres que nos pieds peuvent heurter ce sont les tentations et toutes les embûches que l’ennemi diabolique sème sous nos pas. Le rôle des anges gardiens est essentiellement spirituel, comme notre combat de Carême dans lequel nous pouvons compter sur leur aide. La mélodie de ce Graduel est une mélodie type, c’est à dire qu’elle n’est pas seulement composée de diverses formules que l’on retrouverait ailleurs, mais qu’elle est la même d’un bout à l’autre dans un certain nombre de Graduels du répertoire. Elle est en particulier identique note pour note à celle du Graduel Requiem de la messe des défunts, et on remarquera comment ses vocalises s’adaptent avec une grande souplesse à des textes différents et à l’expression de sentiments divers, ici la tranquille sécurité que nous ressentons sous la protection des bons anges.

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Trait : Qui hábitat…

Pendant le Carême, comme au temps de la Septuagésime, le Graduel est suivi d’un Trait. Celui de ce dimanche présente une particularité, c’est qu’il est d’une longueur tout à fait inhabituelle. Rares sont les chorales qui le chantent car son exécution intégrale dure près d’un quart d’heure. Il reprend la plus grande partie du psaume 90, treize versets sur seize, longue méditation sur la protection que le Seigneur nous accorde dans notre combat contre les esprits infernaux et leurs tentations. C’est le psaume dont tous les chants de cette messe sont tirés, mais il est aussi connu comme étant un des psaumes des complies du dimanche, car il convient tout à fait d’invoquer la protection du Seigneur et le secours des anges gardiens avant de s’endormir.

Les premiers versets chantent sous forme d’un dialogue la protection que le Seigneur accorde à ceux qui mettent leur confiance en Lui. Les versets suivants expriment cette protection divine avec de belles images que nous allons retrouver à l’Offertoire et à la Communion. Puis ils mentionnent les attaques perfides du démon qui est explicitement nommé et ses ténébreuses manœuvres auxquelles échappe celui qui met sa confiance en Dieu alors que les autres tombent à ses côtés.

Qui hábitat in adiutório Altíssimi, in protectióne Dei cæli commorántur.

Celui qui habite sous l’assistance du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.

V/. Dicet Dómino : Suscéptor meus es tu et refúgium meum : Deus meus, sperábo in eum.

Il dira au Seigneur : Vous êtes mon défenseur et mon refuge. Il est mon Dieu ; j’espérerai en lui.

V/. Quóniam ipse liberávit me de láqueo venántium et a verbo áspero.

Car c’est lui qui m’a délivré du piège du chasseur, et de la parole âpre et piquante.

V/. Scápulis suis obumbrábit tibi, et sub pennis eius sperábis.

Il te mettra à l’ombre sous ses épaules et sous ses ailes tu seras plein d’espoir.

V/. Scuto circúmdabit te véritas eius : non timébis a timóre noctúrno.

Sa vérité t’environnera comme un bouclier ; tu ne craindras pas les frayeurs de la nuit.

V/. A sagítta volánte per diem, a negótio perambulánte in ténebris, a ruína et dæmónio meridiáno.

Ni la flèche qui vole pendant le jour, ni les maux qui s’avancent dans les ténèbres, ni les attaques du démon de midi.

V/. Cadent a látere tuo mille, et decem mília a dextris tuis : tibi autem non appropinquábit.

Mille tomberont à ton côté, et dix mille à ta droite ; mais la mort n’approchera pas de toi.

V/. Quóniam Angelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis.

Car le Seigneur a commandé pour toi à ses anges de te garder dans toutes leurs voies.

V/. In mánibus portábunt te, ne umquam offéndas ad lápidem pedem tuum.

Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.

V/. Super áspidem et basilíscum ambulábis, et conculcábis leónem et dracónem.

Tu marcheras sur l’aspic et le basilic, et tu fouleras au pied le lion et le dragon.

V/. Quóniam in me sperávit, liberábo eum : prótegam eum, quóniam cognóvit nomen meum.

Parce qu’il a espéré en moi, je le délivrerai ; je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom.

V/. Invocábit me, et ego exáudiam eum : cum ipso sum in tribulatióne.

Il criera vers moi, et je l’exaucerai ; je suis avec lui dans la tribulation.

V/. Erípiam eum et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum, et osténdam illi salutáre meum.

Je le sauverai et je le glorifierai. Je le comblerai de jours et je lui ferai voir mon salut.

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Offertoire : Scápulis suis…

Les deux derniers chants du propre de la messe du premier dimanche de Carême, l’Offertoire et la Communion, ont exactement le même texte, ce qui est encore une autre particularité de ce dimanche, unique dans la liturgie, mais la mélodie grégorienne peut donner à un même texte deux expressions différentes. Il s’agit des versets du psaume 90 qui traduisent la protection divine par de belles images :

Scápulis suis obumbrábit tibi Dóminus, et sub pennis ejus sperábis : scuto circúmdabit te véritas ejus.

Le Seigneur te mettra à l’ombre de ses épaules et sous ses ailes tu espéreras, sa fidélité t’entourera d’un bouclier.

La mélodie de l’Offertoire s’apparente à celle de l’Introït. Elle est pleine de calme et d’assurance paisible. C’est vraiment le sentiment de sécurité sous la protection du Seigneur qui domine.

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Communion : Scápulis suis

Le texte de l’antienne de Communion du premier Dimanche de Carême est identique à celui de l’Offertoire. Scápulis suis obumbrábit tibi …

Mais alors que la mélodie de l’Offertoire était assez statique, pleine de calme assurance, celle-ci est plus dynamique ; on y sent passer un grand élan mystique, nécessaire pour triompher dans le combat qui est engagé.



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