IV ème PAQUES

IVe DIMANCHE APRÈS PÂQUES

Comme ceux de tous les dimanches du temps pascal, les chants de ce IVe dimanche expriment la joie et l’action de grâces des rachetés, morts au péché avec le Christ et ressuscités avec lui pour une vie nouvelle. Nous trouverons à l’offertoire le triomphant Jubiláte Deo, dont le texte était déjà celui de l’introït de dimanche dernier, mais la messe commence aujourd’hui avec l’introït Cantáte Dómino par une joie beaucoup plus simple et légère. Le texte est néanmoins assez enthousiaste.

Cantáte Dómino cánticum novum, quia mirabília fecit Dóminus

Chantez au Seigneur un cantique nouveau car il a fait des merveilles

Ante conspéctum géntium revelávit justítiam suam.

À la face des nations il a manifesté sa justice.

C’est le début du psaume 97, cantique de louange au Seigneur, roi et juge universel. On trouve ailleurs sur ce même texte des mélodies plus éclatantes, mais celle-ci ressemble tout à fait à celle de l’introït Quasimódo, celui du premier dimanche après Pâques, mais avec encore plus de mouvement, de légèreté, d’élans spontanés et joyeux. « Comme des enfants nouveau-nés », c’est l’esprit d’enfance spirituelle, la joie légère et l’abandon filial des nouveaux baptisés de la nuit pascale. Avec eux nous chantons notre joie d’être redevenus enfants de Dieu. Le verset suivant du psaume est psalmodié à la suite avant le Gloria Patri et la reprise de l’introït.

Salvávit sibi déxtera ejus et bráchium sanctum ejus.

C’est sa main droite et son bras très saint qui l’ont fait triompher.

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Comme c’est généralement le cas pour les dimanches du temps pascal, les deux alléluias de ce IVe dimanche sont très différents l’un de l’autre, le 1er est court, le second plus long. Le premier a pour texte un verset du psaume 117, le grand psaume d’action de grâces pascal, celui de l’Hæc dies. C’est un texte que nous connaissons déjà d’ailleurs puisque nous avons entendu un chant d’offertoire sur ces mêmes paroles le Jeudi saint.

Déxtera Dei fecit virtútem déxtera Dómini exaltávit me.

La droite de Dieu a agi avec puissance, la droite du Seigneur m’a élevé.

Chacun de nous peut redire ces paroles à son tour pour remercier le Seigneur d’avoir été racheté par la toute-puissance divine. La mélodie est claire et joyeuse, toute en vocalises très souples, mais avec une conclusion qui semble rester en suspens d’une manière un peu contemplative.

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Le texte du second alléluia du IVe dimanche après Pâques que nous célébrons aujourd’hui, provient d’un célèbre passage de l’épître aux Romains de saint Paul.

Christus resúrgens ex mórtuis jam non móritur

Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus

Mors illi ultra non dominábitur.

La mort ne l’emportera plus jamais sur lui.

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L’offertoire de ce IVe dimanche après Pâques est le même que celui du IIe dimanche après l’Épiphanie.

C’est une exception parmi les chants d’offertoire qui sont généralement des méditations intérieures et contemplatives. Celui-ci au contraire est éclatant et triomphal, dépassant même par ses proportions et son amplitude les limites habituelles du répertoire. Il célébrait alors la divinité et la royauté du Messie venu sur terre pour nous sauver. Il célèbre aujourd’hui la gloire du ressuscité, et il marque dans les chants de ce dimanche le sommet d’une progression dans l’expression de la joie, toute simple et légère dans l’introït, plus marquée dans le premier alléluia, ample et solennelle dans le deuxième

Jubiláte Deo, univérsa terra,

Poussez des cris de joie pour Dieu, terre entière 

Psálmum dícite nómini ejus.

Chantez un psaume à son nom.

Veníte et audíte, et narrábo vobis, omnes qui timétis Deum quánta fecit Dóminus ánimæ meæ.

Venez et écoutez, vous tous qui craignez Dieu et je vous raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour mon âme.

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Après la jubilation des quatre premiers chants de cette messe du IVe dimanche après Pâques, qui a culminé dans l’immense acclamation de l’offertoire, nous allons entendre quelque chose de tout à fait différent, qui ressemble beaucoup aux communions des deux dimanches précédents. C’est à nouveau le Christ, le bon pasteur qui nous parle avec douceur sur le ton de la confidence. Le texte de cette antienne est tiré de l’Évangile du jour, pris dans le discours après la Cène en saint Jean, et dans le même passage que celui de dimanche dernier. Notre Seigneur vient d’expliquer à ses apôtres qu’il leur est bon qu’il s’en aille afin de leur envoyer le Saint Esprit, et il ajoute :

Dum vénerit Paráclitus, Spíritus veritátis, ille arguet mundum de peccáto, et de justítia et de judício.

Quand viendra le Paraclet, l’Esprit de vérité, il convaincra le monde au sujet du péché, de la justice et du jugement.

Le Paraclet, c’est à la fois le défenseur, l’avocat, le consolateur. Ce qu’il nous fait comprendre, c’est le péché du monde, c’est-à-dire de toux ceux qui refusent de reconnaître le fils de Dieu et de se soumettre à lui. C’est que le Christ est vraiment le Juste par excellence et qu’entre lui et Satan, le prince de ce monde, le jugement est définitivement prononcé. La mélodie est très douce et un peu mystérieuse, et elle se termine dans une ambiance de joie légère qui nous incite à la confiance en ce divin Esprit que nous allons bientôt recevoir, dans trois semaines à la Pentecôte.

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