II ème CAREME

IIe dimanche de Carême

 

La messe célébrée ce dimanche est celle du IIe dimanche de Carême.

Notre Seigneur avant d’entrer dans la douloureuse épreuve de sa Passion nous laisse paraître, dans l’Évangile de ce dimanche la splendeur de sa gloire par la Transfiguration devant trois de ses disciples.

Cet état de béatitude auquel nous sommes également appelés ne se réalisera que par l’infinie miséricorde de Dieu que tous les chants de cette messe réclament, à commencer par l’introït dont voici le texte, issu du psaume 24 :

Reminíscere miseratiónum tuárum, Dómine, et misericórdiæ tuæ, quæ a sǽculo súnt

Souvenez-vous Seigneur de votre bonté et de votre miséricorde qui sont de toujours

Ne unquam dominéntur nobis inimíci nostri

Que nos ennemis ne l’emportent pas sur nous

 Líbera nos, Deus ĺsrael, ex ómnibus angústiis nostris.

Délivrez-nous, Dieu d’Israël, de toutes nos angoisses.

Je vous livre quelques commentaires du P. Perrodon extraits de son superbe ouvrage « Notre beau chant grégorien », hélas non réédité.

« Nous remarquerons l’insistance de ce FA méditatif sur lequel le chant se prolonge en longues tenues qui pénètrent l’âme jusque dans ses profondeurs les plus intimes, la détrempe pour ainsi dire dans un recueillement d’éternité.

Après s’être immobilisé longtemps autour de ce FA voici que le chant s’élève d’un degré, et cette montée sur le SOL lui imprime un mouvement soudain qui rend sa supplication plus pressante ».

Et le Directeur du Séminaire d’Orléans poursuit :

« Puis après la finale du 4e mode et son attente mystérieuse, survient le chant du psaume dont le récitatif sur la dominante LA élève encore d’un degré la ligne générale de la mélodie et lui donne des ailes pour chanter ».

Ad te Dómine levávi ánimam meam

Vers vous, Seigneur, j’élève mon âme

 Deus meus in te confído, non erubéscam.

Mon Dieu c’est en vous que je mets ma confiance et je n’aurai pas à en rougir.

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Le texte du graduel provient du psaume 24, comme à l’introït que nous venons d’entendre. C’est une humble prière de l’âme :

 Tribulatiónes cordis mei dilatátæ sunt : de necessitátibus méis éripe me, Dómine.

Les angoisses de mon cœur se sont multipliées. Seigneur, arrachez-moi à mes tourments.

Et voici le verset :

 Vide humilitátem meam, et labórem meum ; et dimítte ómnia peccáta mea.

Voyez mon humiliation et ma peine et remettez tous mes péchés.

Le contexte du psaume replace ces paroles dans un climat de confiance en la miséricorde divine.

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Le Trait du IIe dimanche de Carême Confitémini Dómino comporte quatre versets qui sont les premiers du psaume 105, psaume de louange à la miséricorde divine en laquelle nous autres pécheurs nous mettons notre confiance. La suite du psaume raconte longuement toutes les infidélités dont le peuple d’Israël s’est rendu coupable au cours de son histoire, et comment, à chaque fois, le Seigneur en a eu pitié et lui a pardonné, ce qui justifie cette louange et cette confiance.

Voici la traduction de ce texte :

Louez le Seigneur car il est bon, car sa miséricorde est éternelle. Qui racontera tous les hauts faits du Seigneur, qui fera entendre toutes ses louanges ? Heureux ceux qui gardent ses commandements et qui accomplissent sa volonté en tout temps. Souvenez-vous, Seigneur, de votre peuple dans votre bienveillance, visitez-nous pour nous sauver.

La mélodie, comme celle de tous les Traits, est une psalmodie très ornée avec des formules qui reviennent aux différentes cadences du texte. Elle s’apparente beaucoup à celle du Trait Dómine non secúndum du mercredi des Cendres. On y retrouve en particulier la même progression d’un verset à l’autre depuis le grave vers l’aigu.

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L’offertoire comporte deux versets du long psaume 118, le psaume de la fidélité à la Loi divine, en fournissent le texte :

Meditábor in mandátis tuis quæ diléxi valde,

Je méditerai sur vos commandements car je les aime de tout mon cœur,

 Et levábo manus meas ad mandáta tua quæ diléxi.

Et je lèverai les mains vers vos commandements que j’aime.

L’expression levábomanus meas = je lèverai les mains exprime la prière de l’âme vers son Créateur.

La mélodie correspond tout à fait à cette atmosphère méditative, avec son faible développement et ses longues tenues. [On remarquera comme est souligné le mot diléxi = j’aime qui revient deux fois, d’abord par une simple accentuation, puis par une grande vocalise très expressive].

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L’antienne de Communion du IIe dimanche de Carême est encore une prière personnelle, suppliante mais pleine de confiance, avec un grand élan d’amour et d’adoration. Elle est tirée du psaume 5, une des nombreuses prières de David en butte aux persécutions de ses ennemis et qui s’en remet à la protection divine :

Intéllige clamórem meum, inténde voci oratiónis meæ, Rex meus, et Deus meus :

Entendez mon appel, soyez attentif à la voix de ma prière, mon Roi et mon Dieu,

 Quóniam ad te orábo, Dómine.

Car c’est vous, Seigneur que je supplie.

On remarquera dans la mélodie les grands élans de Intéllige au début et orábo à la fin, ainsi que la douceur pleine de tendresse sur l’invocation Rex meus, et Deus meus (mon Roi et mon Dieu).

 



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