XI è PENTECOTE

XIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE

Les quatre premiers textes des chants de cette messe sont issus des psaumes, source inépuisable d’inspiration pour le chrétien.

Le texte de l’introït provient du psaume 67, cantique triomphal d’action de grâces pour toutes les victoires que le Seigneur a accordées à son peuple. Il est particulièrement utilisé aux fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte. L’introït de ce jour regroupe des versets pris au début et à la fin du psaume.

Deus in loco sancto suo

Dieu est présent dans son lieu saint

Deus, qui inhabitáre facit unánimes in domo

C’est Dieu qui fait habiter dans sa maison ceux qui sont unis d’un seul cœur.

Ipse dabit virtútem et fortitúdinem plebi suæ

C’est lui qui donnera à son peuple la puissance et la force.

Le lieu saint où Dieu réside, c’est l’arche d’alliance qui va être placée dans le Temple de Jérusalem, figure de l’Église.

On remarquera que les trois phrases commencent par le nom de Dieu, ou le pronom le représentant, énoncé chaque fois de façon très affirmative. La mélodie revêt ainsi un caractère joyeux et plein d’assurance, avec un beau crescendo vers le mot unánimes. Toutefois à la fin les mots fortitúdinem plebi suæ s’enveloppent d’une certaine douceur et presque de tendresse.

Cet introït est accompagné du premier verset du psaume 67 :

Exsúrgat Deus, et dissipéntur inimíci ejus :

Dieu se lève et ses ennemis sont dispersés,

Et fúgiant, qui odérunt eum, a fácie ejus.

Et ceux qui le haïssent s’enfuient devant sa face.

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Le texte du graduel est extrait du psaume 27.

Le psalmiste avait prié. Il a été exaucé et il a senti comme une jeunesse plus ardente pénétrer son cœur. Il rend grâce.

In Deo sperávit cor meum, et adjútus sum :

En dieu mon cœur a espéré et j’ai été secouru

Et reflóruit caro mea : et ex voluntáte mea confitébor illi.

Et ma chair a refleuri, et de toute ma volonté je le louerai.

La belle image de la chair qui refleurit évoque la nouvelle jeunesse qui pénètre l’être tout entier lorsqu’on se sent exaucé. Mais on ne peut s’empêcher d’y voir une allusion à l’espérance de la résurrection finale.

La mélodie de cette première partie est assez originale avec un contraste marqué entre ses deux phrases. La première exprime le bonheur exaucé par une mélodie peu étendue, simple et légère. La seconde phrase au contraire s’élève en grand élan de reconnaissance avec une belle modulation, puis elle s’achève sur le mot illi, le pronom qui désigne le Seigneur, par une contemplation presque immobile restant suspendue sur deux notes comme une sorte d’extase. La deuxième partie de ce graduel reprend le premier verset du psaume qui commence d’une manière suppliante :

Ad te, Dómine, clamávi.

Vers vous, Seigneur, je crie.

Deus meus, ne síleas, ne discédas a me.

Mon Dieu ne restez pas silencieux, ne vous éloignez pas de moi.

On retrouve ici pour la mélodie les formules habituelles et les grandes vocalises du cinquième mode grégorien, qui avaient été utilisées par tous les graduels successifs du quatrième au neuvième dimanche après la Pentecôte.

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Comme la plupart des textes des alléluias de ce temps liturgique, celui de l’alléluia du XIe après la Pentecôte est une acclamation de joie de reconnaissance envers la bonté et la toute puissance divine. Il est formé de nouveau du début d’un psaume, le psaume 80 :

Exsultáte Deo adjutóri nostro, jubiláte Deo Jacob ;

Exultez pour Dieu, notre secours, poussez des cris de joie pour le Dieu de Jacob 

Súmite psalmum jucúndum cum cíthara.

Entonnez un psaume joyeux avec la cithare.

La mélodie rend cette invitation pressante, insistante et assez appuyée, avec des formules d’intonation et de cadences que l’on retrouve parfois sur des textes de prières suppliantes. Cependant cette insistance reste pleine de joie, une joie contenue mais fervente.

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L’offertoire est emprunté à une autre messe de l’année, celle du mercredi des Cendres au début du Carême. Le texte est formé des premiers versets du psaume 29, encore un cantique d’action de grâces de David délivré des périls qui l’entouraient.

Exaltábo te Dómine, quóniam suscepísti me, nec delectásti inimícos meos super me.

Je vous glorifierai Seigneur parce que vous m’avez relevé et que vous n’avez pas réjoui mes ennemis à mes dépens.

Dómine clamávi ad te, et sanásti me.

Seigneur j’ai crié vers vous et vous m’avez guéri.

Le mercredi des Cendres, c’est la prière du pécheur qui se repent et sait qu’il va être guéri de la blessure du péché. Ce sentiment est toujours d’actualité. Combien de fois avons-nous été ainsi pardonnés de nos infidélités et quelles actions de grâces ne devons-nous pas adresser sans cesse à Dieu pour cette délivrance ! La mélodie est assez solennelle avec de beaux élans pleins de ferveur, des tenues calmes et assurées, des cadences assez fermes avant de se terminer d’une façon plus intérieure et plus retenue.

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Le texte de l’antienne de communion ne provient pas du livre des Psaumes, mais d’un autre livre de l’Ancien Testament, le livre des Proverbes, recueil de maximes et d’exhortations adressées par un sage à son disciple.

 

Honóra Dóminum de tua substántia, et de primítiis frugum tuárum

Fais hommage au Seigneur de tes biens et des prémices des fruits que tu en retireras,

 

Ut impleántur hórrea tua saturitáte, et vino torculária redundábunt.

Afin que tes greniers soient remplis à satiété et que tes pressoirs débordent de vin.

 

Les prémices, écrites avec un C, du latin primítiæ, primus, c’est-à-dire 1er, sont historiquement les premiers fruits de la terre, ou les premiers animaux nés du troupeau, qu’on offrait à la divinité chez les Grecs, les Romains, les Hébreux.

En cette période de la moisson, nous sommes invités nous aussi à donner pour être dans l’abondance.

Mais au-delà du sens matériel, au moment de la communion, il faut comprendre que cette invitation qui nous est faite, revêt un sens spirituel profond.

Offrons-nous au Seigneur et nous recevrons ses grâces.

La mélodie de la 1ère phrase est très simple. La 2e a plus de relief et c’est la 3e qui est très expressive. Il passe un souffle de joie face à cette abondance de biens.

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