IV ème AVENT

IVe DIMANCHE DE L’AVENT

A l’origine ce dimanche n’avait pas de messe propre. Il arrive en effet au lendemain du samedi des Quatre-temps d’hiver qui était une solennité très importante car on y conférait les ordinations, notamment sacerdotales ; la cérémonie se prolongeait toute la nuit et servait de messe pour le dimanche. Lorsqu’elle a été avancée au samedi matin, il a fallu une nouvelle messe pour le dimanche. Les chants ont été repris en grande partie à celle du mercredi précédent, à laquelle est lu l’évangile de l’Annonciation, et ces pièces sont également en partie ceux de la fête de l’Annonciation. Le rapprochement entre ce dimanche et cette fête est bien normal puisque nous sommes à quelques jours de Noël : l’annonce de l’ange, lefiat de Marie et la conception virginale du Sauveur préparent directement la Nativité.

La première phrase de l’Introït est bien connue, car c’est un refrain du temps de l’Avent, qui a été repris dans le chant populaire Roráte cæli que nous chanterons lors de cette célébration.

Roráte cæli désuper et núbes plúant jústum aperiátur térra et gérminet salvatórem.

Cieux envoyez d’en haut la rosée et que les nuées fassent pleuvoir le juste, que la terre s’ouvre et fasse germer le sauveur.

Au sens liturgique, c’est l’Église qui appelle le Messie.

Rien n’est à changer dans l’image du prophète Isaïe. La rosée est bien sûr l’action fécondante de l’Esprit Saint et la terre qui s’ouvre sous cette influence céleste est le sein de la Très Sainte Vierge.

La mélodie est très expressive. L’intonation nous est bien connue. C’est un bel exemple de 1er mode bondissant de la finale RÉ à la dominante LA.

Elle ressemble comme deux gouttes d’eau au Gaudeámus de la Toussaint.

A l’approche de Noël, l’Église se sent saisie par cette émotion solennelle qui s’empare des âmes à la veille des grands événements.

Un souffle lyrique, noble et puissant soulève la mélodie.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 18, qui acclame Dieu présent dans sa création.

Cæli enárrant glóriam Déi, // et ópera mánuum éjus annúntiat firmaméntum.

Les cieux racontent la gloire de Dieu, // et le firmament révèle l’œuvre de ses mains.

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Le texte du Graduel qui suit l’Introït est pris au psaume 144, grand psaume de louange pure célébrant toutes les perfections divines.

Própe est Dóminus ómnibus invocántibus éum, ómnibus qui ínvocant éum in veritáte.

Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent avec sincérité.

Ce verset 18 qui est chanté ici a été évidemment choisi à cause des mots Prope estDominus: Le Seigneur est proche. Comme les paroles analogues de Saint Paul que nous avons entendues dans l’Introït de dimanche dernier, celles-ci s’appliquent d’abord à la proximité permanente du Seigneur, toujours attentif à nos prières. Mais ici, à quelques jours de la venue du Sauveur, la liturgie les applique à la proximité dans le temps qui ravive notre espérance.

Le verset du Graduel est un hommage de reconnaissance de l’âme qui promet à Dieu une louange sans fin.

Láudem Dómini loquétur os méum, et benedícat ómnis cáro nómen sánctum éjus.

Que ma bouche proclame la louange du Seigneur et que toute chair bénisse son saint nom.

L’on songe bien sûr à l’avènement du Verbe dans la chair, au jour de la Nativité.

La 1re partie revêt un caractère de gravité exceptionnelle alors que la seconde vocalise dans les hauteurs selon une mélodie toute classique de 5e mode.

Et le professeur Yvan GOBRY qui commentait cette pièce en 1984 dans la revue UNA VOCE concluait :

« Cela n’ôte rien de son charme pour celui qui sait retrouver intérieurement la ferveur laudative de ce thème, pleine de noblesse et de sérénité »

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Après l’affirmation pleine d’espérance du Graduel, nous retrouvons à l’Alléluia du IVe dimanche de l’Avent, la grande supplication de ce temps liturgique qui semble se faire plus pressante encore à l’approche du but :

Véni, Dómine, et nóli tardáre, reláxa facínora plébis túæ.

Venez Seigneur, ne tardez pas remettez les péchés de votre peuple.

On retrouve le mot vénique nous avons entendu deux fois dimanche dernier. C’est vraiment le grand cri de l’Avent qui est lancé encore une fois avant d’être exaucé. Ce texte n’est pas littéralement tiré de la Sainte Écriture, mais il est vraiment le résumé et la quintessence de toutes les prières de ce temps. Il insiste particulièrement sur le caractère rédempteur de la venue du Sauveur pour racheter nos péchés.

Mélodiquement cet Alléluia est assez curieux, car le mot allelúia et le verset appartiennent à des modes totalement différents. L’Alléluia a une belle mélodie ample et lyrique, par moment enthousiaste ; le verset est une supplication très expressive. La 1e phrase qui lance l’appel «  Venez Seigneur » commence dans le grave très humblement, puis s’élève progressivement en un grand crescendo ; la deuxième phrase s’attarde en une longue vocalise sur le mot facínora(nos péchés). Enfin ce verset s’achève à nouveau par une grande vocalise très ample, descendant dans le grave pour conclure dans la paix et la confiance.

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Nous retrouvons dans le chant de l’Offertoire la Sainte Vierge et l’Annonciation, puisque son texte n’est autre que la salutation de l’ange Gabriel, complétée par les paroles de sainte Élisabeth au jour de la Visitation :

Ave María, grátia pléna, Dóminus técum, benedícta tu in muliéribus, et benedíctus frúctus véntris túi.

La traduction est bien sûr superflue !

Dom BARON nous précise qu’au sens liturgique ce n’est ni l’Archange ni sainte Élisabeth qui saluent Notre Dame. La combinaison des deux salutations en un seul texte s’y oppose. C’est l’Église qui, au moment où est commémorée la Conception de Notre Seigneur, fait monter sa louange vers celle que Dieu a choisie pour sa mère.

La mélodie est admirable.

L’Abbé PORTIER qui s’adressait à des chanteurs dans un numéro d’UNA VOCE de 1990 écrivait : « Que votre cœur, guidant votre esprit, ne cesse de chanter Celle qui est pleine même de l’auteur de la grâce comme jamais sur terre pareil bienfait ne fut accordé à aucune créature. Alors oui, chantez, chantez de toute votre âme cet Offertoire et acclamez Celui qui vient par Celle qui nous le donne »

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Nous trouvons dans l’Antienne de Communion la 2e grande prophétie d’Isaïe annonçant le mystère de l’Incarnation. Mais elle n’utilise pas, comme celle de l’Introït, un langage symbolique et imagé ; elle annonce directement et avec précision le grand miracle qui va s’accomplir :

Écce vírgo concípiet et páriet fílium, // et vocábitur nómen éjus Emmánuel.

Voici qu’une vierge concevra et mettra au monde un fils, // et le nom dont on l’appellera c’est Emmanuel.

Emmanuel en hébreu signifie « Dieu avec nous ». Ce texte est assez précis pour se passer de commentaires.

La mélodie a une certaine parenté avec celle de l’Introït. Elle est aussi gracieuse et lyrique. La première phrase très légère, monte en un grand crescendo jusqu’au sommet sur les mots páriet fílium ; la 2e phrase plus retenue, s’attarde surtout sur le mot Emmánuelde façon très expressive.

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