Au sujet du mariage…

Le mariage est à  la croisée des données naturelles et des acquis culturels. Les sociétés, dans leur variété, ont mis des millénaires à le forger. Il n’existe pas jusqu’ici de société qui ait fonctionné sans institution matrimoniale. Même si celle-ci a revêtu des formes très diverses, elle articule l’union de l’homme et de la femme avec la succession des générations.

 

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Le mariage, en effet, assure plusieurs éléments au service de l’humanisation :

  • Il permet habituellement la transmission de la vie, grâce à la rencontre entre un homme et une femme*. Le nouveau-né vient au  monde sans avoir choisi ni son père ni sa mère ni son lieu ni sa date de naissance. Ces données sont pourtant essentielles à son identité et lui serviront de base pour construire sa personnalité. Aucun être humain ne peut être sa propre source.

 

  • Il montre que, si le père et la mère sont indispensables, ils sont tous les deux égaux dans la différence de leurs fonctions pour la transmission et l’éducation de la vie humaine.

 

  • Il assure aussi la présomption de la paternité, selon l’un des grands principes du droit romain : « Le père est celui que les noces ont montré ». Connaitre ses origines et s’inscrire dans une lignée sont essentiels pour la construction de son identité.

 

Outre ces fonctions anthropologiques, le mariage assure aussi des fonctions  sociales, même s’il n’est plus la seule porte d’entrée pour la fondation d’une famille :

  • Il garantit la protection des plus faibles, d’abord les enfants mais aussi l’un ou l’autre conjoint. En ces temps où le mariage est dévalorisé, on constate malheureusement que la catégorie la plus importante des personnes en précarité est celle des femmes seules avec un, deux ou trois enfants à charge.

 

  • Le mariage ne se contente pas de reconnaître publiquement le sentiment amoureux entre un homme et une femme. Il encadre
    la transmission  de la vie en organisant la relation entre conjugalité et procréation.  Il assure ainsi une stabilité des couples et des familles, même si  des incidents de parcours sont et seront toujours inévitables. Cette stabilité contribue à celle de la société.  On ne peut pas se contenter d’une perspective individualiste du mariage.

 

On peut alors comprendre aisément que l’extension automatique du mariage aux personnes de même sexe aboutirait à de graves confusions et  des contradictions juridiques.

Par exemple, va-t-on mentionner sur le registre d’état civil « parent 1″ et « parent 2″, au lieu de père et mère ?  Pourra-t-on, d’un trait de plume, effacer des réalités aussi importantes que la paternité et la maternité ? Pourquoi rabaisser ces réalités fondatrices d’humanité à une  parenté neutre et indifférenciée ?

Comment les couples hétérosexuels réagiront-ils lorsqu’ils auront pris conscience de ce changement qui leur aura été imposé ?

De toute manière, il faudra pour les couples de personnes homosexuelles ajouter « parent 3″. Car un enfant ne peut pas naître d’un couple constitué par deux personnes de même sexe. Si on ne le fait pas, on va dissimuler à l’enfant son origine. Il ne suffira pas de lui dire qu’il est « né de » ses parents 1 et 2.

Autre exemple : on se réfère beaucoup, au sujet de ce « mariage pour tous », au droit « à » l’enfant. Il est vrai que chaque être humain aspire à engendrer et à survivre, sous une forme ou sous une autre. Mais il est indispensable de ne pas oublier le droit « de » l’enfant, droit d’être reconnu comme une personne à part entière, sans être traité comme une marchandise que l’on se procurerait à n’importe quel prix. Cette « marchandisation » n’est pas illusoire dans une société qui a tendance à tout acheter et vendre sans tenir compte du don et de la gratuité.

Les évêques du Conseil Famille et Société ont bien raison d’affirmer en  conclusion de leur important document paru en septembre 2012 :   »Elargir le mariage aux personnes du même sexe ? Ouvrons le débat ! » : « Une évolution du droit de la famille est toujours possible.  Mais plutôt que de céder aux pressions de différents groupes, la France  s’honorerait à instaurer un vrai débat de société et à chercher une solution originale qui fasse droit à la demande de reconnaissance des personnes homosexuelles sans pour autant porter atteinte aux fondements  anthropologiques de la société ».

23 octobre 2012

+Bernard Housset , Evêque de La Rochelle et Saintes

Source : diocèse de La Rochelle Saintes

* Les phrases mises en gras l’ont été de nous

 

 


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